Le marché du travail n’a jamais été aussi tendu.
Pénurie de compétences, exigences accrues, montée de l’IA, attentes divergentes : le recrutement est devenu un terrain de malentendus permanents.
Résultat :
des postes non pourvus,
des candidats frustrés,
et des processus d’embauche qui s’enlisent.
C’est ce que décrypte Éric Gras, expert du marché de l’emploi chez Indeed, dans le dernier épisode de Jobnews by Indeed, à partir de l’étude internationale Smarter Hiring.
Une enquête qui met en lumière 7 grands décalages entre recruteurs et chercheurs d’emploi, à l’origine de nombreux blocages sur le marché du travail.
Un marché du recrutement sous tension permanente
Selon l’étude Smarter Hiring, le problème n’est pas tant le manque de talents…
mais la difficulté croissante à aligner les attentes.
✔ Les recruteurs peinent à trouver les bons profils
✔ Les candidats ont le sentiment de ne pas être compris
Chacun avance avec ses propres priorités, son propre langage, ses propres critères.
« Le recrutement devient plus complexe non par manque de talents,
mais à cause de décalages de perception. »
Compétences : un premier malentendu structurel
Premier décalage majeur : les compétences recherchées.
👉 40 % des employeurs déclarent manquer de compétences en leadership et en management
👉 Pourtant, seuls 13 % des candidats français considèrent le leadership comme une compétence essentielle
Les entreprises recherchent des profils capables de gérer l’incertitude, le changement et des équipes hybrides.
Les candidats, eux, continuent de mettre en avant prioritairement leurs compétences techniques.
Résultat :
des attentes implicites, rarement formulées clairement dans les offres,
et des opportunités manquées des deux côtés.
Potentiel vs expérience : l’autocensure des candidats
Deuxième décalage : la valeur accordée au potentiel.
✔ 62 % des employeurs se disent plus confiants lorsqu’ils recrutent des profils combinant compétences, expérience et potentiel
Pourtant, de nombreux candidats continuent de s’autocensurer s’ils ne cochent pas toutes les cases d’une annonce.
Cette autocensure est particulièrement marquée chez les femmes, qui postulent majoritairement lorsqu’elles estiment correspondre à 80 % des critères, contre environ 50 % pour les hommes.
Des annonces trop exigeantes deviennent alors… discriminantes sans le vouloir.
Offres d’emploi trop floues : un frein sous-estimé
Troisième décalage : la clarté des offres.
👉 25 % des candidats citent les descriptions de poste trop vagues comme principal obstacle
👉 En France, plus d’un quart évoquent aussi une mauvaise communication des employeurs
Jargon passe-partout, missions peu définies, absence d’informations sur la culture, la flexibilité ou les perspectives d’évolution : ces zones d’ombre empêchent les candidats de se projeter.
Conséquence directe :
→ moins de candidatures qualifiées
→ moins de diversité
→ une marque employeur fragilisée
Processus trop longs : la patience a ses limites
Quatrième décalage : la durée des recrutements.
👉 1 employeur sur 5 perd des candidats à cause de délais jugés trop longs
👉 Près d’un tiers des candidats associent ces lenteurs à une image négative de l’entreprise
Dans un marché tendu, chaque jour compte.
Au-delà de deux semaines, de nombreux talents se tournent vers des entreprises plus réactives.
« Les meilleurs candidats ont le choix. »
Avantages et priorités : deux visions du travail
Cinquième décalage : ce qui motive réellement les candidats.
✔ Les chercheurs d’emploi privilégient :
→ l’équilibre vie pro / vie perso (34 %)
→ le salaire de base (27 %)
✔ Les employeurs mettent en avant :
→ l’évolution de carrière
→ les avantages à long terme
En France, ce fossé est particulièrement marqué, notamment sur la question de la flexibilité.
Sans transparence dès l’offre, de nombreuses embauches échouent avant même la signature.
Intelligence artificielle : un sujet encore sensible
Sixième décalage : l’usage de l’IA dans le recrutement.
👉 70 % des candidats jugent l’IA efficace pour rédiger CV et lettres
👉 Pourtant, seul 1 recruteur sur 3 considère cette pratique acceptable
À l’inverse :
✔ 75 % des employeurs utilisent l’IA pour présélectionner ou planifier
✔ mais seulement 25 % des candidats approuvent cette utilisation
Le manque de transparence nourrit la méfiance : peur des biais, déshumanisation, filtrage excessif.
Compétences et formation : une responsabilité partagée
Dernier décalage : la montée en compétences.
✔ 82 % des employeurs anticipent un besoin urgent de formation
✔ 67 % des candidats en ont conscience
En France, l’écart est encore plus marqué, alors même que les compétences liées à l’IA restent très peu mentionnées dans les offres.
« La montée en compétences n’est pas une option,
c’est un impératif collectif. »
Entreprises, managers et individus doivent agir ensemble pour éviter une fracture durable du marché du travail.
Comment rendre le recrutement plus intelligent ?
L’étude Smarter Hiring met en avant plusieurs leviers concrets :
🔹 Clarifier les attentes dès les offres
🔹 Simplifier et accélérer les processus
🔹 Valoriser le potentiel autant que l’expérience
🔹 Communiquer avec transparence sur l’usage de l’IA
🔹 Investir durablement dans la formation
🔹 Replacer l’humain au cœur du recrutement
🎧 Écouter l’épisode complet de Jobnews by Indeed
→ Disponible sur Spotify, Deezer, Apple Podcasts, Amazon Music
📊 Plus d’infos et études : hiringlab.org
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