Le télétravail s’est installé durablement dans les entreprises.
Et sur un point, le débat semble en grande partie tranché : travailler à distance n’est plus forcément synonyme de baisse de performance.
Selon une étude menée par Indeed avec Censuswide auprès de 1 000 salariés de bureau et 500 recruteurs, managers et professionnels RH en France, 59 % des salariés estiment être plus productifs lorsqu’ils travaillent depuis chez eux.
Pourtant, un paradoxe persiste.
64 % des salariés reconnaissent être déjà venus au bureau principalement pour être vus par leur manager ou leurs collègues, et non parce qu’ils pensaient y être plus efficaces.
C’est ce paradoxe que décrypte Éric Gras, spécialiste du marché de l’emploi chez Indeed, dans ce nouvel épisode de Jobnews by Indeed.
Le télétravail a gagné la bataille de la productivité
Le premier enseignement de l’étude est clair : la suspicion autour du télétravail recule.
Chez les salariés qui télétravaillent au moins trois jours par semaine, 69 % se déclarent plus productifs chez eux.
Du côté des entreprises, le constat évolue également.
58 % des recruteurs et managers considèrent les salariés à distance aussi productifs que les autres, tandis que 31 % les jugent même plus productifs.
Seuls 10 % estiment encore que le télétravail diminue la performance.
Le véritable débat s’est donc déplacé.
Il ne porte plus seulement sur la capacité à travailler efficacement à distance, mais sur la manière dont l’engagement, la visibilité et la contribution sont perçus dans une organisation hybride.
Le retour du présentéisme… sous une nouvelle forme
L’un des chiffres les plus marquants concerne justement cette visibilité.
64 % des salariés disent être déjà venus au bureau principalement pour être vus.
23 % déclarent même le faire régulièrement pour cette raison.
Le présentéisme n’a donc pas totalement disparu.
Il a simplement changé de forme.
Il ne s’agit plus forcément d’être au bureau cinq jours sur cinq, mais parfois de choisir certains jours stratégiques : une réunion importante, un moment collectif, un afterwork ou une journée où l’équipe est particulièrement présente.
La présence physique devient ainsi une forme d’investissement dans sa visibilité professionnelle.
La présence au bureau influence encore les promotions
Ce phénomène ne relève pas uniquement d’une perception des salariés.
Près de 60 % des recruteurs, managers et professionnels RH reconnaissent que la présence régulière au bureau influence leurs décisions de promotion ou d’évolution professionnelle.
20 % déclarent même que cette influence est très forte.
Deux collaborateurs aux résultats comparables peuvent donc encore être perçus différemment selon leur niveau de présence physique.
Chez les profils C-Level, le biais semble encore plus marqué : 69 % reconnaissent que la présence influence les décisions de carrière.
La performance est reconnue partout, mais la visibilité continue à compter.
Les jeunes actifs sont particulièrement concernés
Cette question de visibilité touche encore davantage les jeunes salariés.
75 % des 18-24 ans déclarent être déjà venus au bureau principalement pour être vus par leur manager ou leurs collègues.
C’est 25 points de plus que chez les 45-54 ans.
Les débuts de carrière nécessitent davantage d’interactions, de feedback, d’apprentissage des codes de l’entreprise et de construction d’un réseau interne.
66 % des 18-24 ans considèrent d’ailleurs qu’être davantage présent au bureau constitue un avantage pour évoluer professionnellement.
Le vrai défi est désormais managérial
Le travail hybride s’est imposé.
Mais les méthodes de management n’ont pas toujours évolué au même rythme.
69 % des recruteurs et managers reconnaissent qu’une présence plus fréquente au bureau influence leur perception de l’engagement.
Pour limiter ce biais de proximité, les entreprises doivent davantage évaluer leurs collaborateurs à partir de critères objectifs : résultats, qualité du travail, contribution aux projets et atteinte des objectifs.
Cela suppose aussi de former les managers à une nouvelle compétence : savoir piloter et évaluer une équipe hybride.
Redéfinir le rôle du bureau
Le bureau n’est plus uniquement un lieu de production.
Il devient davantage un espace de collaboration, de transmission, de rencontres et de création de liens.
L’enjeu n’est donc peut-être plus de fixer mécaniquement un nombre de jours de présence, mais de se demander pourquoi les salariés viennent au bureau.
La qualité de la présence peut finalement compter davantage que sa quantité.
Pour les salariés, l’enjeu est également de rendre leur contribution visible, y compris à distance.
Partager l’avancement d’un projet, communiquer sur ses résultats ou participer activement au collectif permet de ne plus faire reposer la visibilité professionnelle uniquement sur la présence physique.
Le défi du travail hybride est donc désormais clair : réussir à dissocier performance et présence, sans perdre tout ce que le bureau apporte en matière de relations, de transmission et de collectif.
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📊 Plus d’informations et études :
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