Seulement 39 % des offres d’emploi publiées en France affichent aujourd’hui une rémunération. Pourtant, deux candidats sur trois déclarent être davantage enclins à postuler lorsqu’une fourchette salariale est indiquée. Avec l’entrée en vigueur de la directive européenne sur la transparence salariale, les entreprises vont devoir faire évoluer leurs pratiques.
Le salaire, un tabou encore très français
Pendant longtemps, le salaire est resté un sujet tabou.
Beaucoup d’employeurs préféraient attendre l’entretien d’embauche pour évoquer la rémunération.
Une pratique qui semble aujourd’hui remise en question.
Selon une étude menée par Indeed, seuls 39 % des offres d’emploi en France affichent un salaire, contre 58 % au Royaume-Uni. Dans le même temps, 74 % des Français estiment que cette information devrait être systématiquement mentionnée dans les annonces.
« Les candidats veulent désormais postuler en connaissance de cause », explique Lisa Feist, économiste au Hiring Lab d’Indeed.
Une nouvelle règle du jeu pour le recrutement
La directive européenne sur la transparence salariale marque un tournant.
Son objectif est clair : rendre les rémunérations plus transparentes afin de favoriser un marché du travail plus équitable et de réduire les écarts de salaire, notamment entre les femmes et les hommes.
Concrètement, les entreprises devront communiquer une rémunération avant l’embauche, le plus souvent directement dans leurs offres d’emploi.
Une évolution qui dépasse largement la simple contrainte réglementaire.
Elle oblige les employeurs à revoir leurs politiques de rémunération, leurs grilles salariales et parfois même leur culture d’entreprise.
La transparence comme levier d’attractivité
Afficher un salaire ne répond pas uniquement à une obligation légale.
C’est aussi un puissant levier de recrutement.
Les offres transparentes attirent davantage de candidats, génèrent des candidatures plus qualifiées et renforcent la confiance envers l’employeur.
« La transparence ne crée pas les écarts de rémunération, elle les rend visibles », rappelle Lisa Feist.
Pour de nombreuses entreprises, cette évolution implique un important travail de fond.
Il devient nécessaire de construire des grilles salariales cohérentes, explicables et équitables.
Un changement culturel plus qu’administratif
Pourquoi autant d’entreprises hésitent-elles encore à afficher leurs salaires ?
La principale crainte concerne les écarts de rémunération qui pourraient apparaître entre collaborateurs.
Mais ces écarts existent déjà.
La transparence ne fait que les révéler.
Elle pousse surtout les organisations à s’interroger sur la cohérence de leurs pratiques RH et à mieux justifier les différences liées à l’expérience, aux compétences ou aux responsabilités.
Une évolution qui semble désormais inévitable
Les jeunes générations parlent plus facilement d’argent.
Elles souhaitent connaître le salaire avant de consacrer du temps à une candidature.
Dans un marché de l’emploi où les talents disposent d’un large choix, le manque de transparence peut rapidement devenir un frein à l’attractivité.
Pour Lisa Feist, la tendance est déjà engagée.
D’ici quelques années, les offres d’emploi qui ne mentionneront aucune rémunération devraient devenir marginales.
La transparence salariale n’est plus seulement une attente des candidats.
Elle s’impose progressivement comme une nouvelle norme du recrutement.
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